Varanasi la pompe à fric

Posted by admin on juin 15, 2010 in Tour du monde |

Varanasi et le Gange

Varanasi et le Gange

En ce 9 juin de l’an 2010, notre train arrive en gare au petit matin … Euh … A l’heure du déjeuner(avec plus de 2h30 de retard). Côté ferroviaire rien de particulier à raconter, le wagon étant quasi-déserté, nous étions tranquilles ! Côté terrestre, on peut dire que le soleil nous attendait de pied ferme ! Comme toute grande ville qui se respecte, à la sortie il y a un stand pour les auto-rickshaw prépayés. Sauf qu’ici : personne au comptoir … Du coup il faut discuter avec les conducteurs directement. Heureusement les prix officiels sont affichés et notre chauffeur s’en tient à ce qui est écrit. Nous nous installons et donnons l’adresse de l’hôtel. Il nous raconte que le vieux Varanasi est fait de ruelles pour la plupart inaccessibles aux véhicules motorisés et qu’il ne pourra donc pas nous conduire aux pieds de l’hôtel (choses dont nous étions au courant par le récit d’Emilie rencontrée à Jaipur). Ceci dit moyennant un petit surplus il veut bien nous accompagner à pieds jusqu’à notre destination (Alka Hotel). Bon, n’ayant d’autres alternatives, on lui fait confiance … Après quelques kilomètres en touc-touc, nous arrivons en effet dans un dédale de minuscules rues. Il se gare et nous le suivons. Les rues font place à d’étroites ruelles où les piétons peuvent difficilement se croiser. On marche. On marche. On marche. On marche longtemps … Il fait chaud. Elodie n’en pouvant plus, se déleste d’une partie de ses bagages sur Bastien. On marche encore et toujours. Et enfin nous arrivons aux portes de notre hôtel. On nous fait visiter des chambres tout en nous expliquant que les arnaqueurs sont fréquents dans cette ville et qu’ils sont très malins. On nous donne en exemple notre conducteur qui nous a fait croire qu’il ne pouvait s’approcher plus près de notre hôtel. Ce qui est vrai techniquement en passant par la route Nord ! Mais pas par celle du Sud qui n’est qu’à 2 minutes à pieds … Ca commence bien Varanasi ! Le réceptionniste nous avertit d’ailleurs de la virulence des rabatteurs et autres esprits mercantiles qui vivent ici … Bon, nous nous installons auprès de la clim, bouteille d’eau à la main et récupérons de la longue marche sous le soleil, chargés que nous étions. Depuis notre chambre, située au dernier étage, nous avons une vue embrassant l’immense fleuve qu’est le Gange et les différents Ghat qui se jettent dedans. Après un court repos, nous allons sur la terrasse pour déjeuner et nous nous dépêchons de terminer notre repas à cause de la chaleur oppressante (au passage, la nourriture est vraiment pas mal, ça fait du bien !). Le reste de la journée sera placée sous le signe du repos, nous ne sortons pas de la chambre.

Nous nous levons tôt en cette matinée du 10 juin pour profiter de la fraîcheur relative. Nous marchons le long des Ghat et observons la vie des indiens au bord de ce fleuve mythique qui est LE passage vers leur paradis (nirvana). Nous nous attendions à des odeurs, des ordures, de la crasse. Finalement c’est assez propre (relativement par rapport à ce que nous avons connu en Inde. Rien à voir avec les bords de Loire …) et nos nez ne sont pas du tout dérangés. Des gens se baignent, d’autres se lavent (si ce n’est leur linge), des pêcheurs lancent leur filet, d’autres boivent l’eau verte opaque, etc. Nous marchons tant que le soleil nous le permet puis nous rentrons nous enfermer dans l’hôtel. La prochaine sortie étant prévue au crépuscule, nous profitons des installations de notre établissement pour regarder la télé, se connecter à internet et Elodie s’offre même un tatouage au henné sur la plante des pieds réalisé par une jeune indienne. Le soir donc, aux heures les moins chaudes (le thermomètre doit être redescendu en-dessous des 40°C), nous ressortons sur les Ghat à la recherche d’un Boatman, comprenez un rameur. Une fois notre homme trouvé, le prix fixé, nous grimpons à bord de sa coque de fortune. Une petite fille, présentée comme sa cadette, monte avec nous. Et c’est parti mon Kiki ! La balade commence par la vente de petites bougies que tient l’enfant. Une fois allumées, on les pose dans l’eau, les laissant voguer au gré des courants. Paraît que c’est pour protéger sa famille. On se prête au jeu puis le matelot retourne près du bord déposer sa fille. Nous repartons. Direction cette fois-ci le Ghat de la crémation (puisque notre pilote a bien compris que nous ne l’avions pas encore visité). Nous approchons de ces marches qui plongent dans le Gange. Ici de nombreuses personnes se tiennent autour d’énormes feux d’où dépassent des membres humains. Un homme en profite pour monter à bord. Il s’installe et commence à nous expliquer tout le processus pour que l’âme des corps parvienne au Nirvana : une personne sentant la mort approcher vient s’installer dans les bâtiments qui bordent le Ghat ; lorsque la vie l’a quittée, elle est habillée et posée sur une civière de bambou ; ensuite elle est plongée dans l’eau sacrée du Gange par sa famille et laissée à l’air libre pendant 1h30 pour sécher ; puis elle est posée sur un bûcher de bois (qui coûte cher paraît-il) et brûle pendant 2 à 3h ; comme souvent il reste des “morceaux”, ils sont jetés à l’eau ; concernant l’équivalent des prêtres, les enfants de moins de 16 ans, les femmes enceintes et les animaux, ils sont directement “noyés” au milieu du fleuve, lestés par une grosse pierre (pas besoin de les brûler, ils sont purs. Pas les animaux…eux ils coûteraient trop cher en bois). Hum ! Une partie de la culture qui est surprenante (surtout lorsqu’on vit au même instant les rites, vu qu’ils s’enchaînent devant nous pendant tout ce temps …). Bien sûr, pour notre Karma il est important que nous contribuions à l’achat de bois pour les familles. Et plus forte sera notre donation, plus élevé sera notre Karma … Nous déclinons l’offre et laissons l’homme descendre à terre. Puis nous repartons avec notre rameur. La balade continue le long des autres marches moins fréquentées, le soleil quittant peu à peu cette partie de la Terre. Au bout d’un moment notre homme nous annonce que le temps est écoulé et qu’il faut payer le double pour rentrer. Ah tiens ! En effet on a passé beaucoup de temps avec sa fille et le gars des crémations … Et en plus il nous fait comprendre que son patron prend 50% et qu’il ne faudrait pas qu’on oublie de lui laisser un pourboire. Elodie commence à être excédée d’être sans cesse obligée de surveiller les entourloupes potentielles, et nous faisons comprendre à notre marin que nous paierons le surplus mais qu’il n’a pas intérêt à traîner en route : “Ne vous inquiétez pas ! Si on arrive 10 minutes en retard, ce sera gratuit” ; heureusement ! De retour à quai, il demande bien sûr un pourboire mais il n’aura que le reste de la bouteille d’eau que nous lui avions offerte vu sa soif en cours de route … Ah Varanasi, son fleuve, ses hommes attirés par nos bourses … Bref retour à l’hôtel, dîner et dodo !

11 juin ! C’est aujourd’hui que nous quittons Varanasi pour New Delhi, notre dernière étape en Inde (le retour en France est pour bientôt !). Nous passons la matinée et le début d’après-midi à préparer nos sacs (on est très lents !). Près pour le départ, la personne qui nous avait accueillis à l’hôtel propose de nous accompagner jusqu’aux auto-rickshaws, à 5 minutes à pieds de là. Nous le suivons à travers un dédale de petites ruelles dégageant des odeurs mélangées de bouse, de pisse et autres parfums délicats … Et effectivement 5 minutes plus tard nous débouchons sur une grosse artère où stationnent des toucs-toucs. Le premier jour on s’était bien fait avoir … Il nous arrange une course à 100 roupies pour la gare (mouais on aurait pu faire mieux) et une fois que nous sommes installés, il tend la main. Bon ok il nous a montré le chemin (mais nous a laissé porter tous nos sacs), va pour un pourboire … Hey, mais c’est qu’il réclame plus le bougre ! Depuis quand on choisit le montant ??? Cette ville commence vraiment à nous fatiguer, il est temps que nous partions ! On lui donne ce qu’il demande et c’est parti avec notre chauffeur fou qui met de la musique “techno-indienne” au maximum dans son engin, les boom-boom nous vrillant les oreilles. Et ce fond sonore doit le stimuler, vu comment il serpente entre les vélos, passants, voitures et vaches ! Plusieurs fois on passe à un cheveux de l’accident. Nous avons même le droit à un petit contrôle de police. Soit-disant que le chauffeur doit payer un droit pour l’utilisation d’un véhicule à moteur dans cette partie de la ville. On le laisse s’arranger puis nous repartons. Arrivés à destination, nous le payons comme convenu, et la bouche en coeur il nous demande lui-aussi un pourboire … de plus de la moitié de la course ! Pour quelle raison ? On ne sait pas (peut-être la musique) mais on refuse et nous gagnons l’intérieur de la gare. Le hall est bondé, nous avons du mal à circuler avec nos gros sacs et aucunes indications concernant notre train … Nous tombons par hasard sur le bureau des touristes qui d’une part nous renseigne, et d’autre part nous autorise à rester sur un des canapés, avec en prime la climatisation (dehors c’est une fournaise), le temps que notre train arrive. Celui-ci part à 19h15. Une demi-heure avant nous essayons de gagner le quai mais un officier nous arrête : vu le monde c’est dangereux de s’y rendre pour le moment à cause d’un éventuel mouvement de foule ; de plus le train n’est pas encore en gare, il vaut mieux attendre le dernier moment. Bon … Nous attendons près de l’entrée, mais avec des arnaqueurs partout on en devient suspicieux envers tous. On guette avec anxiété l’arrivée du train (et surtout son départ !!!), mais l’homme avait raison ! Nous attendons donc que le quai se désemplisse puis gagnons notre propre wagon. Pour la nuit nous sommes une nouvelle fois en AC 3 tiers, ce qui signifie 6 couchettes (et 2 l’autre côté du couloir) mais bien vite on se retrouve à 14 ! En effet, nos places sont bien réservées mais certains voyageurs utilisent les listes d’attente et là c’est une famille de 2 adultes et 3 enfants qui sont disséminés entre plusieurs sièges dans plusieurs wagons. Et ils ont décidé, en attendant la nuit, de tous se retrouver “au milieu”, c’est à dire dans notre compartiment … C’est entassés (mais amusés) que nous partons de cette ville qui sent l’arnaque permanente! Et on ne semble pas les seuls à quitter le navire puisqu’une souris s’est invitée dans le wagon (deuxième fois que ça nous arrive) ! Enfin bref, dans un peu moins de 13 heures nous serons dans la capitale de l’Inde : Delhi. Mais ceci est déjà une autre histoire !

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