Agra la touristique

Posted by admin on juin 8, 2010 in Tour du monde |

Le Taj Mahal

Le Taj Mahal

En cette belle matinée du 4 juin, nous nous réveillons à bord du Mandore Express qui rallie Jodhpur à Delhi. et Nous ne sommes plus qu’à une vingtaine de minutes de l’arrivée (prévue à 6h25 … Et oui c’est tôt !). Les images que nous offre la petite fenêtre teintée sont composées de maisons de fortune faites de bouts de pierres, de tôles, de draps … Des bidons villes ! Et comme tout être humain qui se respecte, après le petit déjeuner matinal des habitants du quartier, c’est l’heure d’aller aux toilettes ! Nous pouvons donc voir toute une tripotée de popotins à l’air, le long des rails, posant délicatement aux premiers rayons de soleil leur fardeau durement digéré pendant la nuit. Quelle image idyllique au réveil : une rangée de fesses ! (Et c’est peu dire, il y en a partout, jusqu’à une centaine de mètres de l’arrivée. Ils sont mignons avec leur froc baissé et la bouteille d’eau juste à côté qui leur servira de papier toilette). Hum ! En bref, nous arrivons à Delhi pas tout à fait réveillés et - comme c’est curieux - pas si affamés que ça … Dans la gare nous nous faisons alpaguer par les rabatteurs habituels : “Taxi ? Where are you going ? Hotel ?”. Pour prendre notre prochain train qui part dans 4h, nous devons rallier la gare de New Delhi située à 4km environ de celle d’Old Delhi. Un auto-rickshaw propose de nous conduire pour 150 roupies : c’est du vol ! Nous n’avons même pas envie de discuter. Un taxi nous en propose 250 … Finalement nous nous rabattons sur un cycliste qui nous fait la course à 50 roupies. Et quel plaisir d’être tractés sans bruit dans les ruelles étroites de cette ville qui se réveille. Les stands de fruits frais s’ouvrent peu à peu. Les habitants qui dorment à même le sol se lèvent tranquillement et s’aspergent d’un pichet d’eau. Pas de klaxon, pas de chaleur démesurée. Notre homme nous conduit vaillamment jusqu’à la gare. Et vu le courage que ça demande, nous lui laissons un bon pourboire (à se demander si finalement le vélo ne coûte pas plus cher vu qu’à chaque fois on prend en pitié ces pédaleurs acharnés). Sur place c’est un capharnaüm ! Tout le quartier est en construction en vue des jeux du Commonwealth qui se tiendront en octobre (à notre avis y en a qui vont en profiter … Les arnaqueurs ! En parlant d’eux : lisez la suite …). Dans le flot humain qui entre et sort de la gare, nous cherchons vainement l’entrée, un jeune nous indiquant finalement la direction d’une des portes. Nous nous plaçons devant et regardons l’immense panneau d’affichage qui répertorie les trains au départ. Un homme ventripotent semble surveiller le portique de sécurité et nous fait signe d’avancer. Nous lui répondons que nous cherchons notre train. Il propose de nous venir en aide et déclare que notre train ne part plus comme prévu d’ici mais qu’il a mis les voiles il y a peu de la gare d’Old Delhi. Mais heureusement un autre train pour Agra part à 11h30, les billets coûtent 600 roupies et il nous propose de nous en vendre … Hum ! Curieux ça ! Sentant l’arnaque on décide de gagner une autre entrée et on le laisse planté là. Ceci dit il nous a mis le doute le bougre ! Mais pour l’instant il est trop tôt pour que notre train soit affiché et nous cherchons la Waiting Room avec succès. De mémoire de voyageur en Inde (bon ok seulement 20 jours …), la salle d’attente de la gare ferroviaire de New Delhi est la pire que nous ayons été amenés à visiter ! Les clims ne fonctionnent pas. La pièce est surpeuplée. Elle est bruyante. Bref 3h d’attente désagréable … Pendant ce temps Bastien va essayer de se renseigner auprès d’un agent habilité pas facile à dégoter. Il finit par trouver le chef de gare qui lui confirme que le train part bien à l’heure et de cette gare mais le quai est indéfini (peut-être le 4 ou le 5) ; puis termine par quelques achats nourriciers avant de retrouver Elodie. Aventure qui est marquée par la rencontre d’un vieux monsieur hirsute qui aidera Bastien dans sa quête du train fantôme et dans sa chasse à la nourriture. La discussion se terminera en ces termes dans un bon anglais : “Tu es français ! Je le savais ! On t’a déjà dit que tu ressemble à d’Alain Delon ? Tu ne serais pas son frère ? Tu connais Las Vegas ? [bien sûr ! on y était 9 mois plus tôt !] Je m’occupe de la roulette au MGM Grand Casino. Viens me rendre visite, tu seras mon invité !”.

Arches

Arches

L’heure approchant, nous quittons notre charmante salle d’attente pour le quai 5 à défaut d’informations affichées où que ce soit … Ce train n’est pas loin d’être finalement un fantôme si ce n’est au dernier moment un petit panneau affichant le numéro des wagons, et précisant notre numéro de train. Ouf ! On est sauvés ! Bon le train s’arrête beaucoup trop loin et nous courons avec nos gros sacs à dos jusqu’à la bonne porte bouchée par un tas énorme de ballots (de graines ? de ciment ?). On enjambe, on joue des coudes et on se pose à nos places, enfin ! Le train repart et c’est parti pour 5h de voyage jusqu’à Agra. En route Bastien fait la connaissance de son voisin d’en face (qui ne parle que lorsqu’Elodie dort…Elodie dort toujours comme un loir sur les couchettes du train) : il travaille dans l’agriculture biologique et s’enquiert du marché potentiel en France avant que la conversation ne diverge vers les instruments de musique du monde. Bastien - qui en plus d’un sandwich au saucisson, fait un sérieuse fixette sur le chocolat depuis quelques temps - va tester la version locale : une barre qui a subi la chaleur et le froid plusieurs fois de suite et vendue à prix d’or ! Mais tout à fait mangeable : qu’est-ce que c’est bon le cacao ! A l’extérieur, la ville fait place à un décor plus vert que ce à quoi nous étions habitués. Il y a des arbres feuillus et de l’herbe. Cinq heures plus tard donc nous arrivons en gare d’Agra. La porte du wagon s’ouvre alors que le train continue de rouler. Un homme en profite pour monter à bord. A l’arrêt complet tout le monde descend et ce fameux homme vient à notre rencontre pour nous proposer … un taxi ! On lui explique qu’on souhaite dans un premier temps aller au comptoir des pré-payés (pour éviter de marchander) et il nous y mène avec diligence. Mais curieusement on remarque qu’il y a 2 de ces comptoirs. Et c’est avec difficulté que nous comprenons que nous sommes devant la version luxe (voiture climatisée) alors qu’un auto-rickshaw nous suffit. Du coup on se pointe à l’autre cabane, et malgré que la boutique soit tenue par la police on se demande s’ils n’ont pas joué sur le fait que nous ne connaissions pas la ville pour nous faire payer un supplément (certes de 30 centimes d’euro, mais par principe …). Nous voilà donc en auto-rickshaw, avec un conducteur qui essaie de placer son hôtel et sa location à la journée. Nous contournons le Taj Mahal que nous n’arrivons pas à distinguer et notre chauffeur nous arrête devant des barrières de police. Le monument est sous haute surveillance et en zone protégée d’un point de vue pollution. Nous terminons les derniers 100 mètres à pied jusqu’à notre petit hôtel perdu au milieu d’un jardin arboré et habité par les oiseaux et nous sommes à 30 mètres du monument (que nous ne voyons toujours pas). Fatigués par cette journée transport, on goûte/dîne et allons nous coucher de bonne heure : demain debout à l’aube pour le Taj Mahal, avant l’affluence des touristes !

Bastien en cyclo-pousse

Bastien en cyclo-pousse

Nous nous levons dès 5h30 ce 5 juin afin d’être parmi les premiers à visiter le Taj Mahal et profiter de la faible affluence et du lever de soleil. Comme nous vous le disions nous sommes tout près et en quelques secondes nous arrivons devant la porte après avoir rembarré les premiers vendeurs de magnets, cartes postales et autres tee-shirts immondes à l’effigie du monument. Petit souci, il faut naturellement des tickets mais ils ne les vendent qu’au parking à 1 km derrière nous. Nous faisons demi tour et décidons d’y aller à pied vu la brise agréable à cette heure ci. Quelques mètres plus loin un premier auto-rickshaw nous propose de nous emmener à prix d’or ! Il est fou lui ! On essaie de marchander mais monsieur n’en fait qu’à sa tête, tant pis pour lui. Il part vexé (c’est qu’on se ferait engueuler de ne pas accepter ses services). Puis finalement il revient pour nous dire qu’il existe une navette gratuite qui relie le parking à l’entrée du monument. Excellent ! Toute la contradiction du marchandage indien ! Nous le remercions et continuons notre marche. Quelques centaines de mètres plus loin (alors que nous sommes près d’arriver), cette fois-ci c’est un cycle-rickshaw vite rejoint par un touc-touc qui nous proposent à prix d’or de nous conduire. Et ils n’en démordent pas malgré la proximité de notre destination … Ils sont fous ces indiens dirait notre cher Obélix ! On les esquive et entrons dans le bâtiment qui sert de “bureau des tickets”. On achète nos pass (une petite fortune : 750 roupies par personne, ils en profitent ; le Taj Mahal doit bien être la destination touristique numéro 1 en Inde), on récupère des bouteilles d’eau et des charlottes pour pieds offertes avec nos tickets (extrêmement sexy vous vous en doutez). De retour à l’extérieur quelques conducteurs essaient de vendre leurs services alors que la navette gratuite se tient juste derrière eux … Bref…on renonce à leur expliquer pourquoi on n’accepte pas leur offre et on monte dans le bus déjà rempli de touristes (dont une famille de La Baule fatiguée par le harcèlement des vendeurs) et quelques secondes plus tard nous sommes revenus à notre point de départ : la East Gate du Taj. Heureusement à cette heure-ci il n’y a personne et la file d’attente est inexistante. Après avoir été fouillés, nous pénétrons dans l’un des monuments les plus connus d’Inde ! Nous nous retrouvons dans une immense cours cerclée de murs rouge. Nous passons à droite sous une grande arche de la même couleur donnant accès à l’attraction principale. Puis face à nous, au bout d’un long canal se dresse la majestueuse tombe de Taj (une reine indienne), entourée de ses 4 minarets (son mari ne s’est pas foutu de sa gueule, ça c’est du tombeau !). Nous faisons le tour du propriétaire, prenons de nombreux clichés, admirons l’architecture du bâtiment construit en marbre blanc et ressortons 1h plus tard par la même East Gate. A peine dehors qu’une horde de vendeurs nous sautent dessus pour nous refourguer des magnets immondes, des tee-shirts plus kitsch tu meurs, des cartes postales en veux-tu en voilà. Nous avons du mal à nous en dépêtrer ! Nouvelle technique : nous décidons de suivre un garçon proposant la visite de sa boutique. Celui-ci fait alors signe aux autres de nous lâcher. Bien sûr on ne s’attarde pas parmi les répliques du monument en pierre de savon ou enfermés dans une boule à neige qu’il nous propose et ressortons tranquillement, les autres vendeurs s’étant jetés sur d’autres touristes. En tout cas on sent l’influence et l’affluence touristique à Agra !

Le fort d'Agra

Le fort d'Agra

Comme à l’accoutumée, nous profitons du restaurant et de la chambre climatisée de l’hôtel pendant les heures les plus chaudes (bien qu’à Agra il fait plus doux). Et c’est dans les environs de 16h que nous pointons le bout de notre nez dehors. Nous avons l’intention de visiter le fort rouge d’Agra et pour cela nous allons utilisé les services de Johnny. Ce bon gars nous a repéré dès le premier jour avec son cyclo-pousse et nous a offert ses services. Comme il nous avait l’air sympathique et que rouler à vélo est un moyen écologique de se déplacer, c’est tout naturellement que nous avons accepté. Mais que ceci n’empêche pas de marchander la course ! Nous grimpons dans un premier temps à l’intérieur de son véhicule avant qu’il ne s’arrête : il demande à un de ses compères de l’aider car Agra ça monte et ça descend ! Nous voilà donc - Elodie avec Johnny et Bastien la suivant de près - partis sur les larges routes de la cité. Arrivés sur place, notre cycliste nous propose de nous attendre, comme ça pas besoin de marchander le retour. Face à nous se dresse le fameux fort rouge que Sir Arthur Conan Doyle utilisa (de mémoire) comme décor de la toute première aventure de Sherlock Holmes, à l’époque où le bâtiment abritait les garnisons britanniques. Nous passons le pont-levis, rembarrons des indiens insistants se proposant comme guides et commençons la visite en suivant le dédale de pièces qui entoure les immenses cours. Ca n’en finit plus ! Des balcons partout, des portes ici et là, des escaliers, des couloirs, etc. Un véritable labyrinthe. On finit tout de même par s’en sortir et en sortir et nous retrouvons nos deux joyeux cyclistes en pleine sieste. Ceci dit Johnny se réveille vite, le bougre, et il tente de nous mener dans la boutique “de son frère”. Que nenni mon ami ! On a envie de rentrer nous ! Et il insiste lourdement à tel point qu’on le menace de ne pas utiliser ses services le lendemain pour notre journée shopping … Ah tiens là ça marche mieux. Anyway (NdT : enfin bref ; c’est pour changer un peu de champ lexical !!!), on rentre à l’hôtel et en chemin on s’arrête devant les vendeurs du matin, postés à la sortie du Taj Mahal qui vendent leur souvenirs pour touristes. Nous en profitons pour marchander les prix de sculptures en bois (Nous finirons par en acheter une. Dommage pour les autres car on avait obtenu un excellent prix à force de marchander. Mais ramener une pièce deux fois plus grosse que le sac, ça va être compliqué !). De retour dans la chambre, on ressort rapidement pour dîner à l’extérieur. On commence à être usés de la nourriture occidentalisée et sans saveurs qu’on nous sert sur place (on soupçonne l’utilisation intensive de boîtes de conserves assez insipides). Direction un p’tit resto sur un balcon qui ne paie pas de mine et qui a de bonnes popotes pour nos ventres. Nous profitons de la fraîcheur du soir (relative, il doit faire plus de 30°C) depuis que le ciel s’est assombri et est zébré d’éclairs. La mousson est en approche ! Elle a déjà gagné Mumbai et devrait arriver dans les semaines à venir. Retour dans la chambre et pis dodo.

Rivière Yamuna

Rivière Yamuna

Ce matin du 6 juin est bien différent de la veille puisque nous nous levons très tard ! On prend notre petit déjeuner au chaud (puisqu’il y a une coupure générale de courant) que nous enchaînons quelques heures plus tard avec le déjeuner. Puis nous nous décidons enfin à commencer notre session shopping sous les premières gouttes d’un nouvel orage. On trouve un auto-rickshaw qui nous mène, à notre demande, au quartier commerçant de Sadar Bazaar. Sauf qu’on n’avait pas pensé que le dimanche les boutiques pouvaient être fermées … C’est sympa des magasins avec des rideaux de fer baissés, mais cela ne nous sert à rien. Du coup on discute avec notre chauffeur qui nous propose de nous mener gratuitement dans des boutiques ouvertes qu’il connaît bien (pour lesquelles il a probablement une commission). Grâce à lui on a fait une heure de shopping, menés de magasin en magasin assis confortablement dans son touc-touc. On n’a rien trouvé à notre goût … On sent vraiment l’influence touristique à Agra, avec des objets à vendre de faible qualité à des prix impressionnants. Sans parler du baratin des vendeurs qui ont une fâcheuse tendance à nous prendre pour des pigeons. (”il est beau, mon bracelet, tu n’en trouveras jamais ailleurs”…oui, c’est juste le 4ème exactement identique que je vois en une heure…) Puis nous rentrons à l’hôtel après avoir convenu avec notre chauffeur qu’il nous prenne à 23h ce soir pour la gare. On a la soirée devant nous et … Deux billets pour le Taj Mahal ! Nous nous sommes rendu compte qu’ils n’ont pas été compostés lors de notre première visite. Du coup on s’offre une petite visite du monument au coucher du soleil (enfin … normalement, parce que là il pleut !). Par deux fois on se fait accoster pour être pris en photo un coup avec madame, après avec monsieur. La petite balade terminée, nos estomacs commençant à gronder, nous nous dirigeons au coeur du petit quartier jouxtant le monument à la recherche d’un petit resto. Le vent souffle et fait voler le sable des rues, nous nous arrêtons au Shankara, un établissement proposant des plats végétariens pas mauvais (avant notre retour on vous conseille de stocker de la viande car nous allons dévaliser les bouchers, charcutiers et supermarché ! Il ne restera plus rien !). Enfin dernière étape : nous rentrons à l’hôtel, payons la facture et préparons nos sacs. Ce soir nous quittons Agra à minuit passé de 25 minutes, pour atteindre au petit matin la petite ville de Khajuraho et ses temples - il paraît - magnifiques ! Mais ceci est une autre histoire …

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