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Jaipur, la ville rose

Posted by admin on juin 3, 2010 in Tour du monde

Statue d'un éléphant

Statue d un éléphant

C’est seulement 2h30 plus tard - après notre départ d’Ajmer - ce 26 Mai, que nous arrivons en gare de Jaipur, la cité rose à l’instar de Toulouse, avec tous ses bâtiments peints de couleur … rose ! (original …) A peine descendus du train que nous nous faisons harceler par les conducteurs d’auto-rickshaw : “besoin taxi ? toi venir ! hotel ? où allez-vous ?”. Nous les ignorons mais l’un d’entre eux reste accroché, il a compris que nous allons au kiosque pour le taxi pré-payé et nous mène jusque là-bas. Nous payons le forfait et le guichetier nous assure que l’homme est sûr. Rassurés nous le suivons. Et en effet il s’avère être un homme fort sympathique qui essaiera quand même de caser son hôtel (celui où il touchera une commission) et de vendre ses services pour le lendemain : une journée complète comme chauffeur personnel pour 600 roupies. Bon il s’avère que c’est la saison basse d’un point de vue touristique et du coup tout le monde est prêt à nous rendre des services fantastiques. On baisse le prix à 400 roupies et on garde son numéro de téléphone (que Bastien a inscrit sur une carte, le conducteur s’excusant de ne pas savoir lui-même lire et écrire) car nous ne savons pas encore si nous aurons besoin de ses services. En effet il y a beaucoup de choses à voir à Jaipur, la capitale du Rajhastan, dont certains monuments sont situés à plus de 10km du centre-ville. Mais nous devons y réfléchir et avant cela, occupons nous de l’hôtel. Le notre se trouve au fin fond d’une impasse dans la banlieue bourgeoise de la ville mais il a tendance à faire grise mine surtout avec les travaux qui s’éparpillent à ses pieds. Son voisin, un peu plus cher, est bien plus somptueux et ressemble à un décor de cinéma dans un film perse. Qu’à cela ne tienne nous visitons les chambres de l’établissement prévu : grandes, bien meublées et climatisées (enfin rien d’exceptionnel non plus si ce n’est un petit balcon). Comme on vous le disait il y a des travaux et la piscine de l’hôtel est à sec (de toute façon ce n’était pas prévu au programme). En fait nous sommes dans la saison touristique basse, et beaucoup de personnes en profitent pour effectuer quelques aménagements avant la mousson et le retour des touristes. Enfin bref, on pose nos valises et - oh joie - il y a du wifi gratuit mais nos premières sensations sont assez réservées vis à vis du staff de l’hôtel (obligés de réclamer les serviettes de toilette, le papier toilette, la réparation de la télé, etc. pour un établissement assez cher pour les prestations proposées … c’est une grande ville).

Nous mourrons de faim, du coup on décide de visiter le restaurant de l’hôtel voisin (le château perse !). Et effectivement il est magnifique, renseignements pris, assez cher pour une nuit et trop pompeux à notre goût. Au besoin on sait qu’il y a des chambres libres ici. Nos déjeuners engloutis nous retournons dans nos appartements pour préparer le plan des visites du coin et communiquer avec le monde entier grâce à internet, ce qui nous occupe le restant de la journée. Le soir nous montons sur le toit-terrasse de notre hôtel, où se trouve le restaurant. Une petite tente est installée sous laquelle deux jeunes indiens font un spectacle de marionnettes. Nous profitons de la musique qui accompagne le spectacle tout en dégustant notre pancake banana version indienne (très proche de la crêpe de chez nous) et faisons connaissance par la même occasion avec Emilie, une française installée à la table jouxtant la notre. Elle voyage en Inde pendant 1 mois 1/2 avec un ami portugais. Après cette fin de soirée bavardage, nous gagnons notre chambre pour dormir.

Bastien entouré par 2 gardes

Bastien entouré par 2 gardes

Le 27 Mai nous commençons la journée par … Ne rien faire ! Nous avons envie de buller et de profiter de la fraîcheur de l’hôtel. Pour la visite de Jaipur, nous avons décidé d’aller à l’essentiel et de ne pas s’attarder dans cette immense ville de plus de 2,5 millions d’habitants ! Après un petit déjeuner sous le signe de la banane, nous sommes heureux de constater que nos estomacs vont beaucoup mieux. Nous allons pouvoir reprendre les plats épicés indiens ! On profite de la matinée “glandouille” pour régler quelques points techniques de notre voyage comme le “late check-out”. Nous devons partir le lendemain tard dans la soirée et nous souhaitons pouvoir rester le maximum à l’hôtel (du moins nos sacs), or normalement nous devrions rendre les clés à midi (pour cet établissement en tous cas). Après discussion avec la réception nous trouvons un arrangement et nous pourrons partir juste avant le départ du train (mais ça a un coût … Esprit mercantile quand tu nous tiens !). Ensuite on prends notre repas sur le toit-terrasse et on retourne dans notre chambre attendre que les heures les plus chaudes passent.

En milieu d’après-midi nous sortons enfin le nez de notre tanière sous une chaleur habituelle de 44°C. On négocie notre course avec un auto-rickshaw (qui souhaite également vendre ses services à la journée) et nous voilà partis pour le City Palace de la ville. C’est une immense bâtisse qui possède plusieurs cours. Ce serait dur de vous offrir une liste exhaustive des choses à y voir ou bien même de vous décrire l’édifice, nous vous renvoyons aux photos (lorsqu’elles seront disponibles bien sûr !). A noter : la présence de 2 grands vasques en argent (qui ont un Guiness Record pour les plus gros objets en argent du monde) qui conservaient l’eau du Gange pour les déplacements du maharadja en Europe pour qu’il reste pur; une exposition sur l’art compliqué des turbans ; la beauté des bâtiments ; les gardes qui se font prendre en photo puis demandent discrètement un p’tit billet ; etc. De retour à l’extérieur, 10L d’eau en moins au moins (il fait terriblement chaud !), nous souhaitons gagner à pied l’Ajmer Gate. La vielle ville est entourée d’une fortification percée de portes auxquelles ils ont attribuées des noms (comme l’Ajmer Gate). Mais c’est sans compter le nombre de rickshaw (à moteur ou à pédales) qui n’ont aucun client à se mettre sous la dent. Nous sommes assaillis de toute part et il faut en plus se justifier de notre refus ! Nous essayons d’esquiver en prenant une direction au pif pour ne pas rester statiques dans la rue. A ce moment là un jeune garçon pouilleux venant face à nous essaie de passer entre nous. Par réflexe nous nous écartons et celui - à la hauteur d’Elodie - en profite pour lui effleurer les fesses … Bien vu ! On nous avait prévenu de ces pratiques par les plus jeunes, sublimés par la beauté de nos européennes. A noter aussi les regards appuyés et pas du tout discrets des passants. Pour la première fois on ressent comme une intrusion. Nous continuons d’avancer et un cycle-rickshaw nous colle … Il descend sa course jusqu’à 2 roupies mais par principe nous refusons toujours : nous souhaitons utiliser nos pieds ! N’en démordant pas (comme il le dit : nous sommes les seuls touristes), nous décidons d’en faire un compagnon de marche qui s’avérera fort sympathique, avec qui nous feront la causette et nous aiguillera vers le bon chemin quand nous nous tromperons de route.

La cours couverte du City Palace

La cours couverte du City Palace

Arrivés finalement près des fortifications (à pieds !), des rues commerçantes s’offrent à nous : des centaines d’étalages qui ne sont qu’une infime partie de ce que cachent les magasins (d’étroits couloirs) derrière les comptoirs. Chaque commerçant s’élance de son siège à notre passage, attrapant tout ce qui lui passe par la main pour nous le présenter. Bien souvent nous sommes trop rapides pour eux ou alors nous refusons poliment leur invitation à admirer toute leur garde robe. Alors que nous avançons tant bien que mal dans une de ces artères, un jeune nous interpelle en nous demandant pourquoi tous les étrangers fuient lorsqu’un indien essaie de leur parler. Ah ah ! Voilà une conversation intéressante (et intéressée ???). Bastien décide de jouer le jeu et explique au jeunes homme que le harcèlement permanent et les arrières pensées mercantiles des indiens mettent un frein à la communication, la vraie, la pure, avec un autochtone (ce n’est pas si joliment exprimé en anglais, hein ! Faut pas croire ! Bastien a fait des progrès certes mais reste dans le langage familier et utile !). Et là, tout de go, notre jeune compagnon nous annonce (vu qu’on est français) qu’il a une amie qui vit à Lyon et qu’il souhaiterait notre aide pour écrire une lettre. Amusé par le service demandé (sentant l’embrouille mais on avait envie de se marrer), Bastien accepte de se prêter au jeu. Bon il faut d’abord que Robert (son prénom a était changé pour préserver l’anonymat) trouve une feuille et un stylo … Puis c’est parti pour la dictée d’une lettre à l’eau de rose dans un anglais indien qu’il faut traduire et écrire à la volée et en CAPITALES (attention ! à la demande express de Robert pour qu’il puisse recopier). Message à Françoise (de Lyon) : ma chère, merci pour tes lettres si gentilles à mon égard. Sache que ma soeur se marie le 27 août et tu es tout spécialement invitée (ndt: il faut savoir que ce n’est pas la saison des mariages en Inde à cette période). Ca serait une joie pour que nos coeurs se retrouvent. Mes yeux se languissent de te revoir, (ndt: il a du bol quand même Robert, tomber sur deux français au moment où il devait écrire une lettre importante en français !) blablabla. La lettre terminée, Robert est au comble de la joie et souhaite nous remercier. Nous pouvons lui réclamer tout ce que nous voulons et il s’enquiert de notre couleur préférée. Mais c’est là où nous déjouons son piège (expliqué plus bas) ; en prenant un air très sincère, limite touchés par tant d’émotion (elle était belle sa lettre), c’est avec ces paroles d’amitié que Bastien referme ses mains sur celle de Robert tenant la lettre : “C’est un cadeau que nous souhaitons te faire ! Ca nous touche beaucoup ! Cadeau, pas besoin de nous remercier !”. Robert est interloqué ! Comment va-t-il gérer la suite ? Il essaie bien de nous demander un 2ème service (l’arnaque en tant que telle) mais bon là faut pas être trop gourmand et il le sent. On lui a fait un cadeau mais faut pas non plus demander la lune. C’est ainsi que nous repartons le sourire aux lèvres, laissant Robert seul avec sa jolie lettre inutile et son arnaque dans les poches ! Mais que ce serait-il passé ? Jaipur est connu pour les arnaques aux pierres précieuses. Les “Robert” essaient de trouver des passeurs malgré eux pour écouler de la marchandise en Europe (selon un procédé trop long a expliquer ici mais internet regorge d’infos à ce sujet) et bien sûr il y a un risque à la douane … Mais le touriste ne le sait pas (en plus de se faire arnaquer financièrement …) ! Bref, Robert aurait sans doute voulut que nous ramenions des pierres de notre couleur préférée pour Françoise, mais son stratagème n’a pas fonctionné !

Porte d'un haveli

Porte d un haveli

Nous terminons la visite de la ville par l’Emporium. Il s’agit d’un magasin détenu par l’Etat dans lequel les prix sont fixes et donnent donc une idée des prix à négocier avec le marchand lambda. Plus cher qu’à l’emporium ? Ca vaut pas le coup ! Le but étant bien sûr d’acheter moins cher qu’au prix référence de l’Emporium (aux futurs visiteurs de l’Inde, si jamais vous nous lisez, méfiez-vous tout de même, car beaucoup de boutiques prennent le nom d’Emporium sans pour autant être officielles !). Une fois nos têtes gorgées de prix références, nous attrapons un auto-rickshaw pour retourner à l’hôtel. Mais vu que Jaipur est une très grande ville, notre chauffeur se paume et c’est parti pour la valse des questions : nous nous arrêtons à côté d’autres taxis pour nous renseigner et avançons ainsi petit à petit - telle une chasse au trésor - vers notre destination finale ! De retour dans notre hôtel, on grimpe sur la terrasse pour le dîner, on discute avec les marionnettistes toujours là, on achète des petites poupées typiques (elles sont toutes mimi), on mange, on digère puis on dort.

Le 28 Mai ne sera pas très productif. On prend notre petit déjeuner sur la terrasse, ce qui nous amène à vous parler du service de l’hôtel pour lequel nous étions suspicieux. Déjà il faut compter 45 minutes entre la commande et les plats. Mais encore plus étrange est le serveur chauve et bedonnant qui nous a annoncé dès le premier soir que le service n’était pas compris dans les prix et qu’il aimerait un pourboire. Du coup à chacun de nos repas il s’enquière de notre départ dès fois qu’on oublierait de le remercier pour ses bons services. Et puis il y a les tentatives de drague bien lourdes du serveur sur Emilie (la française rencontrée deux jours plus tôt). Bref un climat de bidouille (pour reprendre notre propre terme) règne sur cet hôtel. Il est (presque) bien mais on sent qu’il se passe des choses …

Le repas terminé on se rend en ville pour faire le plein de nos poches en échangeant nos derniers dollars australiens pour des roupies (un impressionnant garde à l’énorme moustache protège le petit bureau de change, armé de sa vieille pétoire). De retour à l’hôtel, nous préparons nos paquetages puis déjeunons sur la terrasse et enfin croisons Emilie dans le hall. Celle-ci et Elodie décident de s’éclipser en ville pour un tour infructueux des bijouteries. Balade au cours de laquelle Elodie sentira la différence d’être deux femmes marchant ensemble plutôt qu’un couple : elles sont littéralement déshabillés du regard par tous les mâles qu’elles croisent. A son retour, nous nous installons dans notre chambre en attendant l’heure fatidique de 23h. Le délai écoulé nous gagnons la porte de l’hôtel où le staff se démènent pour nous trouver un auto-rickshaw (à coup de mobylette et de vélo) et nous tient compagnie dans la ruelle mal éclairée le temps que notre taxi arrive - à noter la bonne impression qu’ils nous laissent après tous ces sentiments de bidouille ! Arrivés à la gare nous patientons dans la salle d’attente réservée aux billets de classe supérieure. Le King Kong de Peter Jackson est diffusé sur les petits écrans de la pièce. Notre train est censé arriver à 23h45 et repartir à minuit mais il aura 1h de retard ! Une fois à quai, nous grimpons dans notre wagon 2AC et cherchons nos lits. Cette fois-ci il s’agit de couchettes par lot de 4 mais séparées uniquement du couloir par des rideaux. On a du mal à comprendre le fonctionnement des classes dans les trains indiens … Cela ne nous empêche pas, une fois les sacs cadenassés, de sombrer dans un profond sommeil parfois altéré par les ronflements de la femme du dessous ou par les pleurs de son bébé. Nous avons (normalement) 11h30 de train pour gagner la citadelle du désert : Jaisalmer. Mais ceci est déjà une autre histoire.

Petit bilan sur Jaipur : nous n’avons pas réellement apprécié cette ville avec sa population intrusive et bruyante. Un cauchemar à touristes (Emilie partage notre avis ; elle n’a jamais été autant emmerdée qu’à Jaipur) ! Ceci dit nous savons maintenant que nous apprécions plus le charme des petites villes et notre prochaine étape en est une !

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