Udaipur, la ville romantique

Posted by admin on mai 27, 2010 in Tour du monde |

Les portes des Ghat

Les portes des Ghat

Les habitants ne sont pas peu fiers de cette ville qui résista en tous temps à l’invasion Mughal, les femmes du Maharanna (titre plus prestigieux que Maharadja) préférant s’immoler par le feu que de créer une nouvelle lignée ! Udaipur est considérée comme la capitale du Rajasthan montagneux (l’autre partie étant désertique) et a toujours à sa tête un Maharanna mais qui n’a plus aucune fonction politique ; il s’est reconverti en homme d’affaire et détient de luxueux hôtels où passer la nuit coûte une petite fortune. Udaipur est aussi la ville d’Octopussy avec Roger Moore en 007. Udaipur est enfin une ville romantique avec ses palais et haveli (hôtel particulier) et leurs toit-terrasses transformés en restaurants donnant sur le lac. Mais revenons à nos aventuriers !

Bercés par le roulis du train et finalement bien refroidis par la clim (trop ?), les lumières éveillèrent tout le petit monde à 7h de ce beau jour du 22 mai, soit une heure avant l’arrivée à Udaipur. On ouvre les rideaux, on jette un oeil à l’extérieur et on y voit un paysage orange : de petites montagnes recouvertes d’une herbe jaunie et des rochers noirs émergeant ça et là ; de temps en temps une cabane en haut d’une colline ; des singes gris/blanc attirés par le bruit du train se dressant sur des arbres asséchés. Nous sommes loin des visions du premier trajet. L’homme semble avoir (un peu) oublié ces terres. Le temps de ranger nos couchettes et de détacher nos sacs que nous arrivons en gare d’Udaipur à 8h. Le terminus reste une gare indienne avec sa fréquentation importante, ses voyageurs assis partout par terre, ses odeurs fortes et ses quelques rabatteurs. Ceci-dit on note le côté touristique puisque dès le hall on trouve un point info pour les étrangers et la possibilité de prendre un rickshaw pré-payé (ce que nous nous empressons de faire pour rejoindre notre hôtel). Sur la route on sent tout de suite la différence avec les 2 autres villes visitées : c’est calme ; pas de klaxon en permanence ; pas de mouvement de masse démesuré … On respire (enfin…on essaye car avec la chaleur ce n’est pas facile) ! Notre chauffeur nous explique quelques points historiques de la ville dont (surtout) les différents lieux de tournage d’Octopussy et nous dépose aux pieds de notre hôtel en essayant toutefois de nous proposer un autre établissement (où il recevra une commission pour chaque touriste apporté). Nous déclinons l’offre et descendons au Mewar Haveli : respectivement de l’ancien nom de la région et de la taille du bâtiment qui est un ancien hôtel particulier. Cette fois-ci nous avons revu notre budget à la baisse pour ne pas retomber dans un établissement gorgé de luxe et c’est avec plaisir que nous découvrons notre chambre stylisée aux couleurs locales, une véritable chambre des milles et une nuit (les photos seront plus parlantes) avec ses carreaux colorés et les fresques ornant les murs.

Comme il est tôt et que nos ventres sont vides, nous grimpons les escaliers pour monter sur le toit terrasse qui embrasse la ville, ses palais, ses temples et son lac (quasi-asséché .. La mousson se fait attendre !). La vue est magnifique ! La chaleur aussi avec 44°C ! Nous prenons notre petit-déjeuner dans ce décor fascinant. La vieille ville abrite le City Palace, le palais principal du Maharanna, posé sur la colline dominante. Au coeur du lac repose le palais d’été (le Lake Palace, principal lieu de tournage d’Octopussy) et un autre bâtiment plongé dans les eaux qui servait de jardins. Au loin sur une colline se dresse le palais de la mousson. Et tout autour une chaîne de montagnes protégeant la ville de ses assaillants. Pour le petit déj on se contente d’un thé et de quelques toasts confiturés, on en profite pour prendre quelques clichés et on retourne prendre possession de notre chambre (et surtout se rafraîchir à la clim tout en admirant la vue de notre lit qui donne sur le Lake Palace).

Une vache dans la rue

Une vache dans la rue

Pour midi nous descendons dans le petit centre-ville tout endormi d’Udaipur. On se perd dans les petites ruelles désertées. On suppose qu’il fait trop chaud pour les autochtones car toutes les boutiques sont fermées. On grimpe sur le toit-terrasse d’un restaurant recommandé par le guide mais on se réfugie bien vite dans la partie climatisée, les 44°C se transformant en chaleur de four en plein soleil. On y déguste des Dals : un plat à base de lentille qui nous apportera les protéines manquantes à notre régime végétarien ! Pour digérer nous nous promenons dans les ruelles toujours endormies et tombons au hasard sur les Ghat de la ville : 3 immenses arches qui donnent sur des marches s’enfonçant dans le lac (enfin .. quand il y a de l’eau …). On écourte la balade, Bastien ne se sentant qu’à moitié bien (sans doute un coup de froid dans le train sans compter l’impression d’être encore dedans ! Ca balance !). On passe donc le reste de l’après-midi à l’hôtel, l’un dormant, l’autre écrivant, et ce jusqu’à l’heure du souper … A 19h00 nous gagnons le toit-terrasse pour une séance photos au coucher du soleil des bâtiments environnants (les différents palais et haveli, le lac, etc.) puis le soleil fait place aux bougies installées par les serveurs et aux lumières des bâtiments. Le Lake Palace se pare de flambeaux qui se reflètent dans les quelques centimètres d’eau du lac. Nous prenons place contre la rambarde où d’énormes coussins ont été installés à même le sol avec des tables aux pattes courtes : ce soir on mange assis (oui enfin non, pas assis sur une chaise, mais par terre, sur un gros matelas !). De la cour d’un bâtiment voisin, les notes d’un concert de musique traditionnelle s’élèvent jusqu’à nous. Il fait nuit, il fait doux (environ 35°C …), nos plats sont éclairés par les bougies, la ville scintille dans le noir, la musique nous transporte et le palais de la mousson, illuminé, semble flotter dans l’air, la colline le soutenant ayant disparu dans la noirceur nocturne.

23 Mai : nous prenons notre petit-déjeuner sur les poufs situés à hauteur de table. Ils nous faut prendre des forces car aujourd’hui nous attaquons (enfin) les visites des bâtiments. Pour l’occasion Bastien revêt son Kurta Pajama (tunique) dont il aura beaucoup de compliments au cours de la journée, les indiens semblant apprécier qu’un étranger porte un vêtement traditionnel. Il ne fait pas encore trop chaud (la barre des 40°C n’est pas encore franchie), nous descendons bien vite dans les ruelles animées pour nous rendre au City Palace. Nous achetons nos billets (ainsi que le passe-droit pour appareil photo qui vaut plus que nos 2 entrées …) et un guide parlant français se propose de nous accompagner. Comparé au prix des audio-guides, il n’y a pas photo on loue ses services et bien nous en a pris vu la qualité et la quantité des informations reçues ! Nous visitons donc le palais du Maharanna (qui s’est retiré dans une aile avec sa famille pour laisser au public le libre accès à la partie historique). Nous n’allons pas vous faire tout le récit de notre balade, pour résumer : c’est immense et très dépaysant ! Sans doute le film Prince of Persia (qui sort prochainement il nous semble) donnera un aperçu (à vérifier ceci-dit). On notera les portes basses, non pas que les gens étaient petits mais plutôt pour les forcer à baisser la tête quand ils rentrent dans une pièce et à se la faire couper si besoin était ! Le palais est divisé en 2 parties : la première, publique, et celle réservée aux femmes du roi (en gros 34…). La vue du palais englobe toute la ville et les jardins suspendus avec piscine qu’il abrite sont irréels ! Bon faut voir les photos … Ou venir visiter !

Le City Palace

Le City Palace

Pour finir notre visite, notre guide ayant remarqué notre admiration pour les peintures aux minéraux nous propose de nous conduire dans une école d’art. Nous faisons un premier détour dans un emporium situé dans un haveli : le grossiste officiel en vêtements et tentures du palais nous présente sa collection dans les multiples pièces de son haveli ! Puis nous suivons notre guide dans de petites ruelles jusqu’à un autre bâtiment situé aux limites de la vieille ville : on nous présente la technique de peinture aux minéraux puis on nous invite à acheter une oeuvre tout en nous offrant un tchaé (Bastien sera le seul à tester ce succulent thé au lait et aux épices, mais on croise toujours les doigts pour que l’hygiène soit sans reproche …). On ressort avec une miniature sous le bras (ah ben oui on a succombé aux manoeuvres du vendeur … En même temps on était intéressés pour en acquérir une ! Tout le monde est content !). De retour à l’hôtel on se rend à l’étage pour déjeuner ; au menu : Mutter Paneer (mélange de tomate, fromage et petit pois) avec du riz cuisiné !

Repus, nous sortons et gagnons les Ghat précédemment décrites. Juste à côté se trouve un haveli de 138 pièces qui appartenait au Maharanna. Aujourd’hui c’est un musée qui a conservé de nombreux éléments de la vie courante d’autrefois. Les tickets achetés (ainsi que le supplément appareil photo), nous suivons notre guide. On déambule dans de nombreuses pièces : temple dédié à une multitude de dieux hindous ; salle de jeux des femmes avec un cousin des petits chevaux et des dames ; salle que nous classons X et réservée au roi, avec de belles ornementations du kamasutra sur les murs ; exposition sur les différents turbans et les castes ; etc. De notre visite des 2 bâtiments nous retiendrons le symbole du Rajahstan : le paon ! (oui enfin on a retenu d’autres trucs, mais là on avait envie de le placer dans notre article.) Puis retour à l’hôtel pour récupérer, car visiter des monuments sous la canicule, c’est dur !

A l’approche du crépuscule nous redescendons dans les ruelles pour quelques clichés et Elodie se lance dans le marchandage pour l’achat d’un carnet de note avec une couverture en cuir de chameau ; et elle est dure en affaire ! Pauvre vendeur … Nous croisons un musicien indien enrubanné au gré de notre balade. Armé de sa cithare et de son archet, il fait crier son instrument de notes tout d’abord étranges mais qui s’envolent dans un tout agréable. La nuit tombe, il est temps pour nous de rejoindre notre restaurant habituel qui est bondé. Nous dînerons sur des chaises (avec une table bien sûr !). De retour dans la chambre, nous préparons nos affaires pour le départ aux aurores le lendemain : le train part à 6h15 pour Ajmer. Nous tentons de trouver le sommeil malgré nos estomacs qui commencent à gargouiller dangereusement … Le 24 Mai, après une nuit agitée donc, nous réveillons le gardien pour qu’il nous ouvre les portes de l’hôtel et arpentons les ruelles désertes et éclairées par les premières lueurs du jour. On chope le premier rickshaw qui passe, on descend à la gare, on cherche notre train, on s’installe et c’est parti pour 5h de ballotage (avec clim !!! On insiste mais c’est vital vu la chaleur !) ; Ajmer nous voilà ! Mais ceci est déjà une autre histoire …

Reply

Copyright © 2019 (wa)wash ‘n blog All rights reserved. Theme by Laptop Geek.