Pushkar (& Ajmer), la ville des temples
Nous sommes le 24 Mai (si ! si ! Dans l’histoire c’est encore le 24) et nous sommes installés dans le train pour Ajmer. Rien de particulier à signaler et c’est à l’heure que nous arrivons en gare où nous attendent des rabatteurs mais surtout une forte chaleur (44°C). Nous sortons de la gare tout en répétant sans cesse “No !” afin d’éloigner (sans succès) toutes ces personnes qui voient en nous un porte-monnaie … Se dépatouillant tant que faire se peut, on essaie de marchander le prix de notre prochaine course directement avec les conducteurs d’auto-rickshaw. Au bout du 3ème nous tombons d’accord et partons ainsi en direction de la gare routière car Ajmer n’est en fait qu’une étape. Notre but est de rejoindre la petite ville touristique de Pushkar située à une dizaine de kilomètres de là. Arrivés à la station des bus, nous déambulons parmi la populace et les dizaines de bus à quai. La population y est très hétéroclite. A force de renseignements nous trouvons enfin le bouiboui qui vend les tickets et le bus pour Pushkar. A peine installés à bord, qu’un indien s’installe près de Bastien et commence à discuter avec lui de tout et de rien (”vous venez d’où ?”, “où vous allez ?”, etc.). Quelques secondes avant de partir, l’inconnu fini par caser que sa famille a un hôtel à Pushkar où nous sommes les bienvenus (moyennant finances) et saute du bus juste avant que celui-ci ne s’ébranle. C’est comme ça tout le temps : on discute toujours avec des arrières pensées … Bref, le bus part et nous avec ! Ici pas de clim évidemment ! Et avec les sacs sur les genoux il fait rapidement chaud ! Notre car fait 2/3 haltes en ville avant d’attaquer la route de la montagne qui sépare Pushkar d’Ajmer. Bien que nous aillons frôlé plusieurs fois l’accident avec un engin arrivant en face, nous sommes arrivés entier ! A peine descendus qu’une personne nous propose un hôtel, un autre de nous véhiculer, un autre … rien, il écoute et observe, etc. On se faufile parmi cette horde de rabatteurs jusqu’à un cycle-rickshaw. On pose les sacs sur le toit, on grimpe et c’est parti ; direction l’hôtel Seventh Heaven. On a laissé un pourboire à notre cycliste qui est bien courageux (il n’a pas le choix …) de nous transporter avec toute notre bagagerie sous un soleil de plomb (et on vous raconte même pas quand c’était en pente !).
Avant de continuer notre récit, juste quelques lignes sur la petite ville de Pushkar qui abrite “seulement” 15000 âmes. On y trouve outre un lac (quasi-asséché, la mousson se faisant attendre comme à Udaipur) et donc des Ghat (les marches menant à la baignade), des centaines de temple ! Et chose rare un édifice indouhiste dédié au dieu Brahma (plus d’infos ici :http://fr.wikipedia.org/wiki/Brahmā). C’est un haut lieu touristique, donc on y trouve a priori des rabatteurs, une collection de vendeurs en tout genre, des mendiants, etc. Le tout dans un écrin architectural charmant (version indienne : rues sales, vaches et chiens en liberté partout et odeurs !)
Nous sommes face à l’impressionnante porte noire de l’hôtel. Un employé nous ouvre et nous pénétrons dans l’haveli (hôtel particulier) : face à nous une petite cours avec en son centre une fontaine et des transats, fauteuils, petites tables, parasols tout autour. Le bâtiment grimpe jusqu’à 4 étages dans un labyrinthe d’escaliers à ciel ouvert, recouverts de végétation. L’édifice porte bien son nom : on est dans un petit paradis ! On visite les chambres et on en retient une avec son grand lit, ses volets intérieurs d’un bois ébène, ses petites lumières partout. Un petit nid douillet digne du paradis. De retour à la réception pour les formalités, on s’installe à une table pour commander notre déjeuner et comble de joie il y a de la nourriture européenne, nos estomacs nous font comprendre qu’il est temps de calmer les épices. Au menu : penne et spaghettis tomate, olive, fromage et basilique ; un régal ! Enfin nous nous posons dans notre chambre, à “l’ombre” de la clim ! On a également internet, du coup on en profite pour écrire les articles du blog, s’occuper du courrier, etc. De temps en temps le cri d’un chameau nous parvient de la rue. En fin d’après-midi, Elodie entreprend la visite de tous les étages de l’haveli et des différents points de vue qu’il offre sur la ville. Et en y regardant de plus près, le bâtiment en face de nous est squatté par une horde de grand singes gris filiformes, bondissant à tout va de murs en murs. L’un d’entre eux fera même un écart par le balcon sur lequel nous nous tenons ! Mais le spectacle est de courte durée car un autre phénomène approche : le sable se soulève par bourrasques, nous obligeant à nous protéger les yeux et la bouche. Puis la tempête de sable fait place à un bon gros orage (non, ce n’est pas encore la mousson !). Du coup on reste cloîtrés dans notre hôtel à manger des pâtes afin de prévenir les premiers signes de danse Aztèque ou Delhi Belly ou plus connus sous le nom de tourista.
Le 25 Mai nous sommes réveillés par la coupure de courant qui a éteint notre clim (attention jeu de mot : c’est courant ici en Inde les pannes de courant !) du coup la température s’élève dans la chambre. 45°C attendus en journée à l’extérieur. On prend notre petit déjeuner (banane et pain ; on est borderline et on ne veut pas être malade) puis petite balade en centre-ville pour prendre la température. C’est tout mignon, c’est plein de ruelles (mais pas hautes comme l’étaient celles d’Udaipur), c’est plein de monde, de vaches, de chameaux, de chiens, etc. On nous avait prévenu que Pushkar était l’un des pires coins en terme de mendicité et rabatteurs. En effet nous avons croisé un enfant jouant sur sa cithare un affreux “frère Jacques” qui réclamait des sous, 2/3 gamins en guenilles qui réclamaient du Chapati (du pain) mais surtout des prêtres hirsutes tenant à bout de bras une espèce de pot en fer et réclamant des sous pour le salut de nos âmes. Et bien, avec un “non” ferme et un grand sourire, nous n’avons pas été embêtés plus que ça. Après la balade nous sommes retournés à l’hôtel nous ressourcer auprès de Sainte Clim.
Avant le déjeuner nous avons décidé de visiter le temple principal de Brahma De retour dans la rue, nous traversons les différents étals jusqu’aux pieds du temple d’où part un immense escalier. Après avoir laissé nos chaussures sous la surveillance d’un pro (ils ont tous les métiers en Inde : le nettoyeur d’oreilles avec son long coton-tige, le testeur d’ampoules électriques, le gardien de chaussures, etc.), passés le portique de sécurité, nous avançons à l’intérieur du temple avec un paquet de fleurs qu’on nous a remis pour célébrer Brahma, Vishnu, Ganesh et les autres. Sans même s’en rendre compte, un jeune homme s’est imposé à nous comme guide. Bon ben maintenant qu’il est là on va le suivre … Nous faisons toute la procession avec les gestes qui conviennent sous le haut commandement de notre jeune compagnon. Nous rencontrons le grand maître des lieux qui nous bénit d’une tape sur la tête. Puis notre guide nous mène sur les hauteurs du temple où il nous explique qu’il est apprenti prêtre et que les donations sont les bienvenues. Après tout il a été instructif dans la visite, nous voulons bien lui donner un p’tit billet … Que nenni ! Ce n’est pas pour lui mais pour acheter la nourriture du maître et ça a un prix fixe : 1000 roupies (20 €) ! Hors de question que nous payions une telle somme sachant que pour nous ça fait au minimum 3 repas dans un restaurant. Il est affamé le maître ! Déniant le p’tit billet que nous voulions lui laisser, notre guide nous invite à le suivre hors du temple pour finir la procession en jetant le reste des fleurs en main dans les eaux du lac. Sauf que ça commence à nous courir cette histoire ! Mais il insiste et un de ses compères vient le rejoindre pour nous dire que ça fait partie du rite et que c’est important pour eux que tout le processus soit accompli jusqu’au bout, blablabla. Bon … On les suit jusqu’à une Ghat qui semble plus à l’écart que les autres. Quelques indiens traînent dans le coin. Nos deux loustics attrapent tout un nécessaire de rite (fleurs, noix de coco, cordons, sucre, etc.) et nous installent sur les marches où ils nous dictent les gestes à faire. Bref, à la fin nous avons jetés les fleurs dans l’eau, nous avons chacun un petit cordon coloré autour du poignet, nous sommes bénis et il reste la noix de coco … “Ah ! La noix de coco. Suivez-moi par là” en nous désignant un comptoir où se tient un gros bonhomme peu souriant. Hop la noix de coco est mise de côté et là on a un joli panneau avec les prix fixes des donations avec une vingtaine de paires d’yeux sur nous ! Ah ben oui mais nous on n’a que le p’tit billet qu’on souhaitait donner au guide. Résultat : à force de gueuler plus fort qu’eux, ils nous ont laissé partir mais avec un air antipathique. Pas très ouverts, les religieux dans le coin … En même temps on les avait prévenu qu’on n’avait rien sur nous ! On pourra résumer notre aventure en : “le couillonneur couillonné”. Non mais oh ! Y a pas marqué banque sur notre front ! Tout ça pour que le maître s’offre des repas luxueux ! Tssss …
Amusés par cette petite aventure, nous prenons le chemin de l’hôtel jusqu’à ce que … TADA ! Elodie demande à faire une halte pour essayer des Sari (oui, encore …). Une demi heure d’essayage et de marchandage plus tard (bah oui parce que finalement on en avait des sous sur nous … ;)), elle ressort avec un nouveau Sari à caser dans le sac à dos (et ce n’est qu’un début … Aïe !). De retour à l’hôtel, après une pause clim, nous nous parons de nos vêtements traditionnels indiens et regagnons la rue sous les compliments des autochtones croisés : Elodie avec son nouveau Sari et Bastien avec sa tunique. Nous nous baladons tout en recherchant les éléments manquants à la tenue de la miss. On finit par trouver une échoppe où ils vendent des bracelets bling-bling et des “3ème oeil” (le truc rouge qu’il faut se coller au milieu du front pour faire croire que nous sommes mariés). Puis retour à l’hôtel, dîner de pâtes (on croise les doigts pour la tourista) et dodo.
Le 26 mai nous profitons de l’hôtel et de sa cour intérieure. Un taxi passe nous prendre à 13h (nous ne souhaitions pas refaire le trajet rickshaw-bus-rikshaw avec l’impératif horaire du train) et nous dépose quelques dizaines de minutes plus tard à la gare d’Ajmer. Nous nous rendons sur le quai. Notre train est déjà en gare mais les portes sont encore fermées. Deux petits garçons dans leur 6ème année nous font les yeux doux pour qu’on leur donne des pièces (”non !”). Les portes s’ouvrent enfin, nous montons à bord du Aii Jat Express pour 2h30 de trajet jusqu’à Jaipur. Mais ceci est une autre histoire …




C’est bien joli de nous raconter votre périple. Surtout si “les photos rendent mieux que les descriptions”.
Mais elles sont où ces photos ????
Grosses bises à vous !
Rom & Tif
c’est vrai, elles sont ou les fotos ??????