Ahmedabad

Posted by admin on mai 26, 2010 in Tour du monde |

Une ligne d'auto-rickshaw

Une ligne d'auto-rickshaw

Dans les trains de jour il y a jusqu’à 3 classes de wagon : Executive Chair Car (qui est assez rare et chère) ; AC Chair Car (avec clim et réservation obligatoire) ; Second class (pas de fenêtre et gratuit pour ceux qui savent monter en route). Nous nous installons dans la seconde catégorie pour notre premier voyage ferroviaire en Inde. Nous avons souvent entendu que venir en Inde sans tester ses trains, c’est un peu comme venir à Paris sans voir la Tour Eiffel ! Tout d’abord il faut discuter avec les gens pour que tout le monde trouve la place qu’il souhaite à côté de celui ou celle qu’il souhaite (sans doute un système de réservation archaïque, nous étions d’origine séparés de 3 sièges). Le petit manège terminé, on installe nos gros sacs à dos au-dessus de nos têtes, bien en vue (paraît que quelques malins courent dans le wagon en chopant tout ce qu’ils peuvent quelques secondes avant le départ : on n’a rien vu de tel mais vaut mieux prévenir que guérir !). Le train part en retard mais la clim permet de tenir le coup (à l’extérieur il fait 35°C et bien humide). Nous quittons enfin Mumbai (il est 14h) ! Le centre-ville fait place aux banlieues misérables (des bidons-villes) qui font à leur tour place à la campagne : une terre aride, poussiéreuse sur un lit d’herbe jaune séchée où poussent de magnifiques arbres d’un vert luxuriant et autres palmiers. La loco va à un rythme tranquille nous permettant de bien détailler le paysage. La voie est jonchée d’ordures, y’en a partout ! On croise aussi beaucoup de gens marchant le long de la ligne de chemin de fer. Les quelques villes que nous traversons offrent un décor semblable : des gares bondées, remplies de merveilleux saris brodés de toutes les couleurs (qui font baver d’envie Elodie), des bidons-villes et leurs habitants (avec le satellite tout de même ! Quelques paraboles sortent des toits de fortune !), des piliers de ponts inachevés, des immenses bâtiments de béton en construction (seront-ils finis un jour ?) entourés d’échafaudages en bambou, des gravats, des détritus par milliers, une vache ou une chèvre, … Le trajet est ponctué par les allers et venues des vendeurs officiels de thé, chips et autres snacks. Et soulagement, nous ne sommes pas le centre d’intérêt de tout le monde ! Nous avons omis d’en parler dans l’article sur Mumbai mais notre couleur de peau, la forme de notre visage peut-être aussi, intriguent ! Nous avons constamment des yeux rivés sur nous (et plus particulièrement Elodie) ! Finalement on s’y fait et ça reste un contact distant. On peut même se prêter quelques instants à “je suis une star” prenant le rôle d’une célébrité entourée de fans. Toute façon faut faire avec, alors autant le prendre positivement !

Notre hôtel ****

Notre hôtel ****

Nous arrivons enfin à Ahmedabad vers 22h. Vu l’heure tardive nous avions réservé la veille une chambre d’hôtel pour un prix similaire à Mumbai, afin de se faire une idée de la différence de prix. Bon clairement on a visé haut ! Le train à peine arrêté qu’un homme se présente à la fenêtre avec le nom de Bastien inscrit dessus. Nous descendons, nous nous faisons connaître et le suivons jusqu’à la berline qui nous attend. Quelques rabatteurs tentent leur chance mais sont rejetés d’un simple geste de la main par notre “voiturier”. Nous grimpons dans une voiture récente avec clim (on monte vers le nord et la température grimpe en même temps !) et nous faisons conduire jusqu’aux portes de l’hôtel à 2 pas de la gare. A peine descendus qu’un bagagiste attrape nos sacs sous la surveillance d’un gardien de porte armé (d’une matraque, faut pas exagérer !) et nous pénétrons dans un immense hall en marbre. Derrière nous la misère, devant nous le luxe ! Quel étrange paradoxe : nous sommes dans un environnement aseptisé avec la pauvreté à ses pieds. On vous passe les détails mais en gros on a une chambre luxueuse avec une baignoire (en temps normal il y a seulement une douche … En fait un pommeau en plein milieu de la salle de bain. Du coup à chaque lavage on arrose tout ce qu’il y a autour : des toilettes à la porte en passant par le papier toilette et le lavabo !), un immense lit, etc. digne d’un grand hôtel français (à quelques détails près comme le papier toilette en très petite quantité. Ici ils ont l’habitude d’utiliser un petit sceau d’eau et de se nettoyer avec la main gauche directement. Du coup il ne faut pas utiliser cette main pour les activités dites propres comme le salut ou l’ingestion d’aliments). On a compris : Mumbai c’est une ville qui coûte chère en comparaison !

Après un petit tour au restaurant végétarien de l’hôtel, nous filons nous coucher tout rouge des épices ingurgitées (Ils y sont allés très fort ! Nos estomacs s’en souviennent encore !). Le lendemain - 21 mai - nous pouvons explorer la ville d’Ahmedabad, plus grosse ville du Gujarat avec près de 5 millions d’habitants. A l’origine nous ne devions pas nous arrêter ici, mais les plans ferroviaires nous ont “contraints” à cette halte et nous repartons le soir même. Première étape de la journée, la gare pour réserver tous les billets de train qui nous manquent !!! Et oui ! Car ici il y aussi un comptoir réservé aux touristes mais qui se fiche complètement qu’on paie en devises ou en roupies. Et quelques heures plus tard nous ressortons avec tous nos tickets de train en poche ! Tout est planifié, on peut maintenant en profiter ! A noter que les gens ici sont déjà beaucoup plus accueillants et osent sourire mais ne parlent néanmoins que très peu l’anglais.

Plein de mets différents

Plein de mets différents

De retour à l’extérieur dans une forte chaleur sèche (44°C qui ne font pas suer), nous prenons un auto-rickshaw pour le centre-ville. Qu’est-ce que c’est que cette bête là ? Un petit véhicule à 3 roues juste protégé par un pare-brise et un toit, tiré par un moteur de scooter à vitesses qui se faufile partout et qui slalome comme un dingue entre les différents obstacles rencontrés. Sur place il est temps de se trouver un restaurant. Nous mettons les pieds dans le Green House, un végétarien dans un cadre colonial frais, de goût et reposant. Pour 4€ chacun on a mangé comme des rois. Comme à chaque fois on a pris des plats au nom bizarre que nous n’avions pas encore goûtés. Ce fût un régal mais on arrêtera là la description car : on ne se rappelle plus des noms indiens et les photos seront plus parlantes ! Pour digérer, on a fait le tour du centre-ville : la mosquée attenante, le fort en ruine et les petits étalages de bric et de broc. Un petit tour de rickshaw plus loin, on regagne l’hôtel après l’achat express de cadenas et de chaînes pour nos sacs à dos (explication plus bas de leur intérêt). Nous sommes descendus dans un établissement proposant un checkout 24h, c’est à dire que vous pouvez partir exactement 24h après votre arrivée pour le prix d’une nuit. Très pratique sachant que notre prochain train est à 23h ! On en profite pour buller, se laver et préparer tranquillement nos sacs. On s’initie aussi à la télé indienne et aux super stars qu’elle génère. Ce que laisse paraître le petit écran indien n’a absolument rien à voie avec la réalité du dehors: tous les présentateurs sont habillés comme des européens, il y a même des mini jupes, chose impensable dans la rue. Ici, dans la vie de tous les jours, les femmes sont couvertes et si leur sari laisse paraitre un bout de ventre, on ne voit jamais leurs jambes ! Quant aux pubs, l’équivalent de notre auto-bronzant, ici ce sont des crèmes qui blanchissent la peau. Dans la rue, tout le monde est bien hâlé, voir noir, mais les présentateurs sont tout pâlots… Une fois la tête remplie des musiques de Bollywood qui passent en boucle, nous sortons dîner dans un petit restaurant recommandé par notre guide touristique mais qui fait bien douteux quant à sa propreté. Elodie se contentera de riz et d’un naan (un des pains indiens, plus connu que son plus basique cousin : le roti) alors que Bastien tentera quelques nouvelles recettes végétariennes avec succès. Enfin, chargés de nos sacs à dos, il est temps de traverser les rues bourrées à craquer et de gagner la gare ! Il est 22h30, le soleil s’est couché, mais il fait toujours aussi chaud.

Notre train est déjà en gare et nous montons nous installer dans notre wagon couchette : 9h pour rejoindre la ville romantique d’Udaipur. Les catégories de nuit sont au nombre de 5 : 1AC, 2AC, 3AC, Sleeper et Second class. Les 3 premières ont la climatisation et sont soumises à réservation, le numéro indiquant le niveau de prix et donc le nombre de personnes par compartiment. Les 2 dernières catégories correspondent aux wagons sans fenêtre et aux sièges en bois. Pour nous ce sera du 2AC ! Nous entrons dans le compartiment de 4 couchettes et rencontrons un indien fort sympathique qui travaille pour Nokia et qui est habitué à l’usage de l’anglais. La quatrième personne qui partagera la chambre n’est autre que le contrôleur. On installe les bagages sous les sièges et on les accroche avec les chaînes achetées dans la journée au cas où une personne mal intentionnée profiterait de notre sommeil lors d’un arrêt en gare pour monter, chiper et s’enfuir (on suit scrupuleusement les recommandations reçues à droite à gauche sur la sécurité). Le train part. On bascule le siège en couchette, Elodie monte sur celle du-dessus, on installe les draps, oreillers et couvertures fournis par la compagnie ferroviaire et c’est parti pour un gros dodo, bercés par le roulis du train. On crève de chaud dans cette petite cabine. Espérons que l’efficacité de la clim augmente au cours du voyage ! Dans 9h nous serons à Udaipur ! Mais ceci est déjà une autre histoire …

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