5

Une journée avec nous !

Posted by admin on mar 30, 2010 in Tour du monde

Après ce long silence empli de labeurs dans les vergers, aujourd’hui nous vous proposons de nous accompagner dans une de nos journée de travail !

5h30 - les réveils sonnent ! Et oui il en faut bien plusieurs pour être sûr de se réveiller … A l’extérieur de la tente, un petit 8°C nous attend et c’est assez dur de s’extirper de sa couette bien chaude. Mais quand il faut y aller … Il faut y aller ! Nous avons 1h pour nous préparer : passage des habits de travail (de vieilles fringues), petit déjeuner copieux, récupération du panier repas, des pains de glace et remplissage du bidon de 10L d’eau ; et c’est parti pour les petites routes sinueuses des Snowy Mountains. A cette heure-ci il fait encore nuit, donc on roule tranquille surtout qu’il ne serait pas surprenant de voir jaillir un kangourou bondissant sur la chaussée.

6h30 - le soleil n’est pas encore visible mais on distingue une vague lueur rougeâtre au delà des cimes qui nous entourent. Nous garons la voiture au plus près des rangées de pommiers qui nous concernent pour la journée (l’exploitation fait plusieurs hectares). On sort le sac à dos avec le panier repas pour le midi ainsi que le bidon d’eau, on se badigeonne de crème solaire en prévention des futures heures chaudes, on enfile les gants et nos chapeaux et, enfin, on installe le sac à pommes sur nos frêles épaules. Comment vous décrire ce fameux “bag” ? Il s’agit d’un sac ventral tenu par des lanières se croisant derrière les épaules. On le remplit au fur et à mesure de la cueillette et lorsque celui-ci est plein, deux crochets nous permettent de l’ouvrir par le bas et ainsi faire doucement glisser les pommes. Nous voilà fin prêts pour attaquer la journée !

En général on est au contrat et à la Bin. Entendez par-là que nous devons remplir des caisses de 4m3 environ de pommes que nous avons délicatement cueillies et que nous sommes payés à la Bin. Conclusion plus on en fait, plus on gagne de sous (travailler plus pour gagner plus !). Il arrive parfois que nous remplissions des Bin aux Wages ; c’est à dire que nous sommes payés à l’heure pour le même boulot. Cela se produit pour certaines variétés pour lesquelles les employeurs souhaitent que nous soyons particulièrement attentionnés et sélectifs ; car il faut bien avouer que lorsque nous sommes au contrat, on se dépêche de remplir les caisses sans trop réfléchir à la qualité, la couleur et la taille du fruit. Enfin, entre 2 variétés de pommes, on se retrouve parfois à faire du Prunning et autres travaux payés à l’heure également. Il s’agit tout simplement d’élaguer les pommiers ou de nettoyer les jeunes arbrisseaux ou encore d’installer des bâches blanches aux pieds des arbres pour faire bronzer les pommes par en-dessous. Mais revenons à notre activité principale : le picking (la cueillette payée à la Bin).

Depuis 6h30 nous cueillons les pommes en haut, en bas, au milieu, aidés par nos grandes échelles en alu. Sac après sac, nous remplissons la Bin. La rapidité à finir une caisse dépend beaucoup de la variété, à savoir s’il faut tout prendre dans l’arbre ou laisser les pommes vertes et la taille du dit fruit (qui prend plus ou moins de place dans la Bin et ainsi crée plus ou moins de vide …). Pour la variété des Top Red où il faut tout prendre telle une nuée de sauterelles, nous mettons environ 45 minutes à 2 pour remplir les fameuses caisses. Parfois un manager vient nous voir pour apposer sur les Bin une étiquette portant nos prénoms afin d’être comptabilisée pour la paie. Lorsque une caisse est terminée, un tracteur l’emmène vers l’artère centrale où un camion prend en charge plusieurs de ces caisses pour les mener au packing (là où les pommes sont triées). Pour la cueillette en elle-même, il faut tourner le fruit pour qu’il se détache de l’arbre avec sa queue (celle-ci prévient du pourrissement prématuré du fruit) et il faut bien sûr ne pas être brutal avec la pomme sous peine de créer un bleu qui dévaluerait le prix de notre Bin.

10h - La journée avance, les tracteurs font une pause d’un quart d’heure mais lorsqu’on est au rendement, les cueilleurs - eux - continuent. Le soleil est déjà haut dans le ciel et bien souvent on a enlevé le polaire pour supporter la chaleur grimpante qui n’est pas loin d’atteindre son maximum, à savoir 28°C. A 12h30 c’est la pause déjeuner d’1/2 heure que certains cueilleurs sautent afin de gratter quelques sacs et donc quelques Bin. Pour notre part, on se pose à l’ombre d’un pommier et on déguste notre panier alternant d’un jour sur l’autre de sandwichs accompagnés de chips au vinaigre à des salades de pâtes ou de riz. En dessert on se contente des pommes fraîches et juteuses (et saines, élevées sans aucun produit chimique) qui nous entourent. Puis on reprend le boulot jusqu’à la fin de la journée : la dernière Bin doit être commencée avant 3h15.

Mais le plus marrant dans cette journée de travail, ceux sont les rencontres incongrues que nous pouvons y faire avec quelques belles frayeurs parfois !
* Nos amis les arbres sont peuplés de petites araignées mais de temps en temps on tombe sur des petits monstres bien plus grands qu’une main d’homme ! Bien qu’inoffensive, nous pouvons vous assurez qu’une telle araignée surprend toujours ! Du coup la cueillette se transforme en tir à la pomme afin d’écraser la bête immonde …
* Parfois nous tombons sur des arbres de noël (c’est ainsi que Bastien les appelle) avec leurs boules rouges (de belles pommes bien mûres) et la neige qui tombe (une espèce de poudre blanche que laissent les cochenilles).
* Il faut aussi faire attention aux trous de Wombat : imaginez un animal de la forme d’une tortue géante avec des poils en lieu et place des écailles. Ce charmant animal creuse des trous au niveau des racines des pommiers qui permettrait à un enfant de 10 ans de s’y aventurer ! Inoffensif, le Wombat n’en est pas moins un danger pour les usagers de la route puisqu’il serait dur comme de la pierre.
* Plus étonnant encore … Les chauves souris ! Friandes de pommes, certaines se blessent et se voient condamner à rester la tête pendue à la cime d’un pommier. Du coup, lorsque la journée commence, elles voient défiler sous leurs yeux des cueilleurs, des tracteurs, des Bins, des manager, etc. Bien sûr qu’est-ce qu’une petite chauve-souris … Mais ici nous parlons de LA chauve-souris d’Australie qui fait la taille d’un chat, enveloppée dans ses ailes caoutchouteuses. Et discrète comme elle est, ce n’est que nez à nez - lorsque, effrayée, elle déploie ses ailes - que nous nous apercevons de sa présence ! Ca créé toujours un petit sursaut de surprise malvenu an haut d’une échelle … L’exploitation connaît aussi ses drames : la pauvre bête blessée et effrayée empêche les cueilleurs d’oeuvrer en urinant sur les pauvres travailleurs. C’est là que le manager débarque avec son énorme fusil à double canon tout argenté et ne fait qu’un BOUM de la pauvre bête (en arrachant quelques pommes au passage). De toute façon elle était condamnée avec son aile brisée, on se dit que ses souffrances ont été abrégées ….

15h30 - Fin de la journée et il fait chaud ! Le bidon d’eau est quasiment vide. On grimpe dans la voiture après s’être délestés de nos sacs et gants. On ouvre en grand les fenêtres et retour dans la petite ville de Tumut à 16h. La fin d’après-midi débute par une pause bière grandement désaltérante, la lecture de magazine people et de quelques accords gratouillés sur la guitare. Au-dessus de nous le doux chant des Cacatoès qui hurlent à tue-tête … Puis direction les sanitaires pour prendre une douche bienfaitrice. Fraîchement lavés, soit on va faire des courses au supermarché du coin ou encore faire une halte au McDonald pour profiter de la connexion gratuite à internet. Ensuite, nous nous rejoignons avec nos compagnons français - Benjamin et Charlotte - pour échanger nos différentes expériences de la journée.

18h - il est l’heure de faire la popote ! Deux repas à préparer : celui du soir et le panier repas pour le lendemain midi. De temps en temps nous profitons des immenses barbecue électriques du camping pour se griller des morceaux de boeufs ou d’agneaux avec des bouts d’oignon rouge. Une fois le repas englouti et la vaisselle faite, nous passons dans la phase loisir à savoir la plupart du temps jouer à des jeux de cartes avec nos amis français ou plus rarement regarder un film.

20h30 - Le soleil vient de se coucher, il est temps d’aller se coucher ! En chemin pour regagner notre tente, on donne à grignoter quelques restes aux opossums, puis on s’engouffre dans notre chambre de toile et sombrons dans un sommeil réparateur.

Quelques commentaires respectifs sur les photos ci-dessus :
1 - Notre environnement de travail, notre bureau ! Nous sommes nichés entre les cimes des Snowy Mountains.
2 - Bastien caché dans une Bin
3 - Une pomme géante !
4 - Une des fameuses Bin durement remplie ! (à nous les sousous)
5 - Une chauve-souris perchée dans un pommier
6 - Elodie prête à travailler … ou à bronzer !
7 - Les cacatoès au doux chant

 
5

La vie de cueilleurs de pommes

Posted by admin on mar 7, 2010 in Tour du monde

Bonjour à tous !

Bientôt 1 mois que nous nous sommes arrêtés à Tumut et avons commencé la cueillette de pommes … Du coup nous n’avons pas d’histoires croustillantes ou de pannes de voiture à raconter. Mais rassurez-vous nous allons très bien !

Nos semaines passent et se ressemblent. L’automne approche dans le sud de l’Australie. Le matin il ne fait guère plus de 8°C et monte tranquillement jusqu’à 28°C l’après midi (cela reste supportable pour travailler). Nous en profitons pour faire la connaissance des locaux : un couple australien / néo-zélandais nous ont invité à une tombola au golf du coin ; 3 élagueurs qui vivent au camping à l’année nous ont prêté une canne à pêche pour aller chopper de la truite lors de nos longues soirées de fin d’été ; nous avons été invités à l’anniversaire d’une de nos collègues coréennes et avons confronté nos cultures lors d’une super soirée, nous, 2 petits français, face à une horde (une vingtaine) de coréens ! Nos collègues sont adorables et font une pizza coréenne excellente ! ; on ne sait plus si on vous l’avait déjà dit, mais on a contacté Benjamin et Charlotte - le couple de Lillois rencontré à Glenrowan - pour leur signaler qu’il y avait du boulot dans la région et ils sont venus nous rejoindre il y a de cela 15 jours et en effet ils ont trouvé du boulot dès le lendemain. Du coup on partage nos repas pour le coup très français !

Conclusion : on va bien, on gagne des sous pour assurer la suite de notre périple, on continue à peaufiner notre bronzage et on profite des activités locales (prochain projet : louer des canoës pour descendre la Tumut River)

Copyright © 2019 (wa)wash ‘n blog All rights reserved. Theme by Laptop Geek.